CACK

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LE CENTRE DES ARTS ET DE LA CULTURE KALI’NA

Une prise de conscience


Le projet du Centre des arts et de la culture kali’na est l’aboutissement d’une réflexion conduite depuis plusieurs années par le Groupe d’Etude sur la Langue et la Culture Kali’na. Cette réflexion associe des chercheurs (CNRS et IRD) aux acteurs culturels et aux responsables politiques des différentes communautés kali’na ; elle porte sur la situation actuelle des cultures amérindiennes dans les villages et les villes du littoral guyanais, sur les conditions dans lesquelles ces cultures sont aujourd’hui transmises et sur leur statut dans le tissu social et culturel guyanais et national.
Actions de préfiguration du CACK
Ces dernières années diverses réalisations ont été conduites dans ce cadre (expositions, publications, manifestations culturelles) - d’une manière autonome ou en partenariat avec le monde de la recherche - qui annonçaient ce projet, et qui en forment en quelque sorte la préfiguration. On peut en rappeler les grandes lignes :

La question de la transmission culturelle


Les responsables coutumiers, culturels, politiques, des communautés kali’na de Guyane font aujourd’hui le constat qu’une part croissante des savoirs techniques et des systèmes symboliques qui constituaient naguère le noyau de cette culture ne sont plus l’objet d’une transmission satisfaisante auprès des nouvelles générations.
Le risque est réel de voir progressivement se creuser un écart entre la culture dont les jeunes générations kali’na se réclament et la connaissance qu’ils en ont : la transformation de l’environnement matériel et économique dans lequel ils se trouvent plongés occasionne ainsi une perte des savoirs relatifs au milieu naturel et à son utilisation, l’oubli de certaines techniques qui ne sont plus ordinairement utilisées, le risque de la disparition d’un riche ensemble de littérature orale, et l’affaiblissement de formes de spiritualité spécifiques.
La rupture des chaînes de transmission des savoirs et des savoirs faire, ou plutôt leur transformation irréversible, est sans doute une conséquence de l’entrée dans un univers marqué par la présence de l’Occident. Mais la disparition de pans entiers de la culture kali’na serait une perte bien réelle, pour les communautés kali’na certes, mais tout autant pour la Guyane.
Les responsables des communautés ont ainsi assigné au CACK la mission d’être un complément et un prolongement des formes traditionnelles de transmission de la culture kali’na. Le Centre ne sera pas une institution porteuse d’une lecture occidentale du monde et de l’histoire : il devra mettre les techniques de l’exposition et de la publication, et les nouvelles technologies de l’information, au service de la transmission culturelle et de la production patrimoniale kali’na.

Definition du projet


La réalisation du CACK devra répondre à terme à plusieurs objectifs :
- mettre à la disposition de la population kali’na d’Awala-Yalimapo un espace de connaissance de sa propre culture, dans une perspective patrimoniale : recueil, interprétation, valorisation, des ressources culturelles mobilisables aujourd’hui par la communauté d’Awala-Yalimapo pour refonder une identité culturelle fragilisée par l’histoire coloniale.
- aider à la connaissance, à la transmission et à la valorisation de la culture kali’na, en facilitant la réalisation des projets culturels dont les communautés sont porteuses ; le CACK sera pour cela le partenaire des instances extérieures dans les domaines de l’action culturelle relative au patrimoine et de la recherche en sciences humaines.
- faire vivre un espace de diffusion culturelle à Awala-Yalimapo. Le CACK réalisera des expositions et conduira des animations autour de la culture kali’na - pour la population d’Awala-Yalimapo, mais aussi plus largement dans l’ensemble de la Guyane, à destination des autres communautés, du public scolaire et des touristes ; il offrira une introduction à cette culture aux visiteurs guyanais non kali’na, et aux non guyanais. Il sera également un des espaces en Guyane où pourront se rencontrer et échanger, à travers les expositions et les manifestations culturelles, les différentes cultures régionales – amérindiennes et non amérindiennes.
- contribuer au développement de la commune d’Awala-Yalimapo. Le CACK apportera sa part à la dynamisation du tissu économique local, qui s’appuiera de plus en plus sur des formes de tourisme de découverte et de compréhension du patrimoine culturel et naturel ; cela se fera en étroite articulation avec les activités de préservation et de valorisation du milieu naturel conduites par la Réserve naturelle de l’Amana et le Parc naturel régional de Guyane. 

Identité et culture kali'na: un nécessaire ancrage régional


La justification du projet ne saurait donc être trouvée dans sa seule dimension locale : le CACK doit dès le départ être pensé comme un outil dont la vocation dépasse largement le territoire de la commune d’Awala-Yalimapo. Celle-ci, qui fut dans les années quatre-vingt le berceau du mouvement politique et identitaire amérindien en Guyane, s'affirme aujourd’hui comme un des centres de la vie culturelle kali’na, et entend se donner les moyens de rayonner plus largement dans l’espace guyanais, en présentant la réalité des différentes cultures amérindiennes, et en favorisant les échanges entre ces cultures et les autres cultures de l’ensemble régional.
Le CACK devra également inscrire à terme son fonctionnement dans le cadre régional du plateau des Guyanes - de la bordure ouest de l’Amapa à la rive gauche de l’Orénoque, vaste région dans laquelle sont présents les différents groupes qui composent le peuple kali’na. Cet objectif ne sera atteint que progressivement à travers le fonctionnement culturel et scientifique de l’institution, mais la conception du projet et la gestion de l'équipement doivent d’emblée s'inscrire dans ce cadre régional : c’est le cadre dans lequel il est aujourd’hui nécessaire de replacer les cultures amérindiennes de Guyane et leur histoire ; c’est aussi celui qui permet de comprendre les interactions entre ces peuples amérindiens et les diverses populations qu’a amenées sur ces terres la colonisation européenne ; c’est, enfin, l’échelle à laquelle la Guyane devrait désormais penser son développement futur.
 

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